L’Echiquier (Jean Joubert)

Arbrealettres


L’Echiquier

Je suis seul sur l’échiquier de la cour,
ni cavalier, ni roi, mais le fou.
La main du joueur hésite entre les tours.

Je fais trois pas, je déserte le lierre
pour la lumière épaisse où je m’englue.
Le lézard règne aux aisselles de pierre.

Où sont les filles d’or et de saveur,
ce bruit de blé qui froisse leur épaule,
et le figuier, son feuillage de coeurs,

le premier pas timide, sur les eaux,
du jour qui jouit de visibles trésors?
Rien n’a trompé le zèle des créneaux.

Car il ne vient que l’ombre d’une lame
aiguiser au grès ses tranchants mortels
pour de très lents combats avec les flammes.

Ici veillent le sphinx et la fourmi:
patience de dément dans sa cellule,
et mort repliée qui s’ouvre la nuit.

Mais je sens des formes collées aux murs,
dans l’odeur de sang des chambres désertes,
et qui m’épient…

View original post 7 mots de plus

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s